Rencontre avec Stéphane Guérin de DashThis


24 octobre 2016 | 22:40

Stéphane Guérin se passionne pour le monde des affaires et les technos, principalement ce qui touche Internet et ses différents modèles économiques. Il a démarré de nombreux projets et fondé quelques entreprises, dont Percute et NOFOLO. Avec aplomb et authenticité, Stéphane nous parle de DashThis, du web et de cocktails.

Je l’ai rencontré en octobre 2016, dans un café de Lebourgneuf.

Parlez-nous de DashThis. 

On aide les agences numériques à sauver du temps avec les rapports qu’ils font pour leurs clients. On transforme leur infernale et détestable période de reporting à chaque début de mois en tâche facile et agréable. Nos clients sont partout sur la planète, le marketing numérique étant assez universel. Le type de client est assez varié avec des gros noms comme Quebecor, la ville de Las Vegas, Nestlé, McDonald’s, BBC, Bridgestone, Hershey’s, Marriott, GroupM et Sunwing.

Côté business, DashThis est en affaires depuis plus de 5 ans. Nous sommes une des rares boites SaaS (software as a service) à Québec 100 % web, rentable et entièrement autofinancée.

Dans 3 à 5 ans, ça va sonner un peu plate, mais DashThis va faire la même affaire, mais en mieux. Nous sommes passés de 8 à 21 employés cette année, on a maintenant l’équipe pour mener DashThis très loin. Le marché est mondial et la compétition aussi, il ne faut pas prendre les clients pour acquis. Le focus pour les prochaines années sera de solidifier notre position et de continuer de bien servir les clients. Le reste viendra tout seul. Nous sommes très focusés, c’est d’ailleurs une raison de la réussite de DashThis.

Qu’est-ce qui décrit mieux le web à Québec actuellement?

Les entreprises de Québec, et même au Québec, ont l’avantage d’être sensibles aux réalités multilingues, contrairement à la réalité majoritairement unilingue des Américains. Le Québec est un mélange de traits européens et américains. Être Canadien est un bon argument de vente à l’international où nous sommes vus comme plus avancés que les Européens, par notre proximité avec les États-Unis, et plus ouverts sur le monde que les Américains.

Dashthis.comQuébec, comme bien d’autres endroits, manque d’entreprises innovantes qui profitent du potentiel du web. Il y a beaucoup d’entreprises de services qui réussissent bien, dont Libéo et Mirego. Mais côté produits, les Américains ont clairement une longueur d’avance, tant sur le financement que sur la culture de l’entreprenariat.

 

Où sera le web dans 5 ans?

Les spécialistes se trompent aussi souvent dans leurs prédictions qu’une bande de singes alors je ne me risquerai pas! Je dirais par contre que tout ce qui est marketing numérique devient de plus en plus multidisciplinaire et doit être fait en équipe pour performer. Je pense que le temps où on pouvait faire des millions dans son sous-sol est plus difficile qu’il y a 5 ans.

Et dans 5 ans, j’ai hâte de voir si d’anciens dinosaures dominants comme le groupe Pages Jaunes auront finalement réussi à prendre le virage numérique avec succès. L’évolution, c’est aussi des vieilles entreprises moins dynamiques qui meurent pour être remplacées par des plus petites innovantes et agiles.

Mon pari futuriste serait dans les objets connectés, the Internet of things. Il y aura une tonne d’opportunités là pour ceux qui ont du flair!

Dans les souliers de qui voudriez-vous passer une journée?

Jason Fried, le fondateur de Basecamp. C’est une inspiration, il me rejoint beaucoup sur ses raisons d’être en affaires. Il a choisi l’entrepreneuriat comme style de vie. Son entreprise est le moyen pour arriver à son objectif d’être heureux et de profiter de la vie. Il ne veut pas faire des milliards de dollars, seulement bien vivre, faire ce qu’il veut avec qui il veut et quand il le veut. Il remet constamment les façons de faire en question et il est plutôt à contrecourant. En gros, il mène son bateau comme il l’entend.

Je suis assez comme ça, la célébrité autour du fait d’être un entrepreneur web, ça me m’intéresse pas. C’est un peu pour ça que je ne suis pas très présent dans les évènements et les activités de réseautage! J’ai mon blogue et ça me suffit. Si je veux parler à quelqu’un, je l’invite à diner, tout simplement.

Si vous n’étiez pas si modeste, de quel bon coup aimeriez-vous vous vanter?

Je n’aime pas me vanter, mais disons que je suis fier d’être un des rares Québécois à avoir vendu mon entreprise pendant la folie Internet 1999-2000. Beaucoup ont tout perdu. Moi je suis sorti de là dans une très bonne situation qui m’a permis de faire d’autres projets par la suite. C’était un mélange de flair et de chance, mais disons que je suis bon à faire ma propre chance!

Qu’auriez-vous aimé savoir plus tôt dans votre carrière ?

J’aurais aimé que quelqu’un me dise d’acheter des noms de domaine en 1996! Je crois que j’ai un talent au niveau de la vision, mais j’ai complètement raté ce coup-là. J’étais dans le domaine, ça m’a passé sous le nez. J’aurais pu faire des milliers de dollars à acheter des noms de domaine qui étaient libres à ce moment-là.

Le meilleur conseil que j’ai eu est « Essaie-le ». Ne te fie pas aux gérants d’estrade qui disent que ça ne se peut pas, que ça ne marchera pas. Écoute tes tripes, sois entêté, essaie-le et tu verras. J’aime beaucoup la citation de l’écrivain Mark Twain : « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».

Quelle est l’application dont vous ne vous passeriez pas dans votre téléphone?

Il n’y a pas d’application précise dont je ne me passerais pas. Je dirais que c’est le téléphone dans son ensemble que j’ai de la misère à me passer! Si jamais je l’oublie à la maison, je vais faire demi-tour et aller le chercher. Tout est là, proche, maintenant. Internet dans mes mains me donne instantanément réponse à mes questions… L’application dont je ne peux me passer, c’est peut-être Google finalement!

À l’inverse, en vacances, je suis heureux de le laisser dans le coffre-fort de l’hôtel.

Quelle infolettre êtes-vous impatient de recevoir dans votre boite courriel?

Celle de Liquor.com. Je suis un amateur de cocktails et leur infolettre me donne hâte au weekend pour essayer un nouveau cocktail. Je pense souvent en termes de travail et leur infolettre me rappelle que je fais ce métier pour profiter de la vie, que je travaille fort pour, un jour, ne plus avoir à travailler et pouvoir boire des pina coladas à la plage pendant que mon application web génère une tonne de fric toute seule.

Complétez les phrases :

  • Le plus facile de mon quotidien, c’est… m’occuper des enfants, faire leur lunch le matin. C’est l’fun même s’il faut souvent répéter.
  • Le plus difficile de mon quotidien, c’est… me lever. Je ne mets pas de cadran, je n’aime pas avoir un horaire. Surtout les matins où je me lève plus tôt pour aller courir. Je me motive en me disant que je n’ai jamais regretté de m’être levé pour faire ma course!

Qui pourrait être le prochain acteur du web à Québec inspirant à faire l’objet d’un portrait dans Québec Numérique?

Martin Bouchard, fondateur de Copernic. Le gars, c’est une bombe, un visionnaire d’une classe à part. Dans les années ’90, c’était mon idole comme entrepreneur techno, je me disais que moi aussi un jour j’allais avoir ma boite comme Copernic!

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Par Séverine Parent

Enthousiaste du numérique et passionnée de pédagogie, Séverine sait conseiller les intervenants dans l'intégration des technologies. Chercheuse à ses heures, elle a un faible pour les propos appuyés et les contenus soutenus. Elle met à profit ses acquis dans une formation de base en communication graphique pour aligner les éléments graphiques et détester les diagonales.

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