3- Prendre des décisions dans la vie démocratique


5 février 2016 | 10:00

Regards croisés sur les Communautés intelligentes

Notre chroniqueur Jacques Blanchet avec la complicité de Stéphane Roche – professeur en géomatique à l’Université Laval – ont concocté cinq chroniques sous forme de regards croisés sur divers aspects des communautés intelligentes. Chaque chronique présente le point de vue d’un intervenant du milieu et de Stéphane, notre expert en résidence.

Thématiques de la chronique : la gouvernance, l’empowerment et l’engagement dans le développement de l’innovation, la créativité et la recherche, l’éducation et le développement des capacités et finalement, l’économie et la production et la consommation durable.

En quelques mots

 

La ville de Québec aspire à devenir la ville la plus attrayante et la plus attractive du pays par l’amélioration continue de la qualité de vie de ses citoyens. Toutefois, des efforts doivent également être faits afin d’ajouter de la transparence aux processus, cet ingrédient essentiel au lien de confiance entre l’administration et les citoyens.

Natacha Jean

Concernant la participation citoyenne, la ville de Québec serait bien inspirée de regarder au delà de ses frontières et de repenser ses modes de fonctionnement. Quant à la créativité et au développement des capacités, la ville a heureusement pris les devants dans plusieurs secteurs.

Stéphane Roche

Premier regard : Natacha Jean, membre du comité exécutif de la Ville de Québec

Natacha Jean, présidente de l’arrondissement des Rivières et responsable de l’entrepreneuriat

 

Jean NatachaNotre définition de la Ville intelligente :

Une ville intelligente crée et met en place des infrastructures d’information et de télécommunication pour améliorer la qualité de vie des résidants, l’offre de services aux citoyens et la gestion de la ville.

Que fait la Ville de Québec dans ces domaines?

Québec possède une personnalité unique, façonnée par 400 ans d’histoire et de rencontres entre les peuples. Joyau du patrimoine mondial, capitale de la province, elle est aussi un lieu privilégié de création et d’innovation. Qu’il soit question d’économie, de sécurité, de systèmes intelligents, de culture ou de développement durable, lorsqu’il est temps de se projeter dans l’avenir pour planifier un développement en harmonie avec les citoyens et leur environnement, la Ville de Québec sait reconnaitre les nouvelles idées ainsi que les meilleures façons de faire et les formes de prestation de services novatrices.

Innover pour concrétiser les orientations stratégiques

Avec, pour mission de fournir les meilleurs services possible à l’ensemble de ses citoyens, l’organisation municipale s’emploie à faire de Québec une ville toujours plus attrayante, performante et dynamique.

Dans le but avoué d’introduire une culture de gestion plus performante, axée sur les résultats, la Ville a décidé en 2008 de s’inspirer des meilleures pratiques mondiales et d’étudier le concept des « Smart Cities ».

Nous avons aussi fait le choix de stimuler, de soutenir et d’accélérer l’innovation dans les entreprises, les institutions et la culture par différents moyens. Nous sommes particulièrement fiers de notre Stratégie de développement économique, et de notre programme de vitrines technologiques, deux moyens qui nous ont permis d’affirmer le leadership de la Ville en matière de soutien à l’entrepreneuriat par l’adoption de pratiques innovantes dans différents secteurs d’activités.

Innover pour améliorer la qualité de vie

Vibrante et prospère, Québec aspire à devenir la ville la plus attrayante et la plus attractive au pays par l’amélioration continue de la qualité de vie de ses citoyens. Pour y arriver, elle mise sur les forces vives de la collectivité et sur les partenariats originaux. Dans cet esprit, sa participation au « Smarter Cities Challenge », un programme philanthropique d’IBM, a connu un grand succès puisqu’elle a conduit à la concrétisation d’un projet d’inclusion numérique et à la mise en place de plusieurs solutions comme un salon de lecture numérique en bibliothèques, dans le but d’amener le taux d’inclusion numérique sur le territoire à 84 %.

De plus en plus, la co-création est privilégiée afin que les projets de développement correspondent le plus possible aux besoins réels de la population. La tenue de plusieurs laboratoires avec les usagers et les partenaires qui a mené à l’idéation de la nouvelle bibliothèque de Montmorency en constitue un bel exemple. La récente mise sur pied d’un comité composé de représentants de plusieurs domaines d’affaires et d’élus pour prendre en charge des travaux sur la Ville intelligente en est un autre.

Enfin, par une utilisation judicieuse des nouvelles technologies, la Ville cherche continuellement à faciliter le quotidien des citoyens. Pensons au déploiement des services en ligne, à l’animation de plusieurs médias sociaux, à la diffusion de SMS, à la création d’applications comme Copilote ou Nomade du côté du Réseau de transport de la Capitale, etc.

Innover pour se démarquer

Les caractéristiques propres à Québec représentent quelques-uns de ses principaux atouts en même temps qu’elles posent des défis à relever au quotidien. Ville nordique, elle doit composer avec quatre saisons au climat distinctif. Berceau de la francophonie en Amérique du Nord, on y trouve une population fière de ses origines et de sa culture. Pour que l’innovation soit un vecteur de sens et non uniquement de croissance, elle doit se mettre au service de ce que l’on est et de nos besoins. C’est parce que nous avons tenu compte de son accent unique dans sa volonté d’innover que Québec a été admise à deux reprises au sein des « Smart 21 Communities of the Year » de l’Intelligent Community Forum (ICF). Cette reconnaissance témoigne de la créativité, de l’esprit de collaboration et de la volonté de dépassement qui animent la cité, tant aux plans économique et culturel que social.

Peut-on faire plus ? Peut-on faire mieux ?

Le citoyen est au cœur de la ville intelligente, Québec l’a bien compris. Le dernier sondage mené par la Ville indique un taux de satisfaction très élevé des citoyens envers les services qu’ils reçoivent. Dans un premier temps, il est donc essentiel de préserver ce précieux acquis. C’est pourquoi la Ville de Québec poursuit sa veille concurrentielle d’autres administrations publiques.

Des efforts doivent également être faits afin d’ajouter de la transparence aux processus, cet ingrédient essentiel au lien de confiance entre l’administration et les citoyens.

Et parce que le citoyen doit bénéficier davantage de tribunes d’expression, d’espaces de co-création et d’occasions de participer à la vie démocratique de sa ville, une étude est actuellement menée sur le concept de citoyen participatif, de concert avec l’Université Laval. Car, s’il ne participe pas directement à la prise de décision, le citoyen peut apporter une importante contribution à la conception d’un scénario qui répond réellement à ses besoins.

Si la Ville a le devoir de créer des espaces et des moments où le talent, l’intelligence, l’effervescence, la créativité et la passion de la communauté peuvent se côtoyer, elle a aussi le devoir de rêver à son avenir et à ce qui nous semble inatteignable aujourd’hui, car c’est à cette condition qu’ensemble, nous pourrons évoluer, nous surpasser et acquérir une notoriété internationale à titre de ville intelligente.

Vous avez d’autres idées ? N’hésitez pas à les partager avec nous à  ville.quebec.qc.ca/villeintelligente.

 

Deuxième regard : Stéphane Roche de l’Université Laval

Stéphane Roche, professeur en géomatique à l’Université Laval

 

 

Stéphane RocheJe vais distinguer les trois entrées : 1) La gouvernance et l’empowerment ; 2) le développement de la créativité et la recherche, l’éducation et le développement des capacités et 3) l’économie et la production et la consommation durables. Je pense avoir une meilleure connaissance des deux premières, de la deuxième en particulier.

En matière de gouvernance et d’empowerment, au risque de répéter la réflexion esquissée dans le premier billet, je crois que la ville de Québec a encore beaucoup de chemin à parcourir pour arrimer ses stratégies descendantes de gouvernance relativement directives et les dynamiques remontantes plus participatives qu’appellent de leurs vœux un grand nombre d’organisations citoyennes locales, incluant les plus officielles d’entre elles comme les conseils de quartiers. Il n’est pas très raisonnable en 2015, et certainement contre-productif face à une volonté affirmée de construire les conditions favorables à l’émergence d’une intelligence collective, de laisser aussi peu de place aux citoyens. Je ne parle pas de « participation-placébo » mais bien de véritables espaces de dialogue et de collaboration dans lesquels les citoyens ont non seulement l’impression d’être entendus, mais aussi d’être potentiellement parti-prenante à part entière. Sur ce plan là, la ville de Québec serait bien inspirer de regarder au delà de ses frontières et de repenser ses modes de fonctionnement.

Dans le domaine de la créativité, de la recherche, de l’éducation et du développement des capacités, je crois que la ville de Québec a compris l’importance de ce secteur économique. Elle l’a identifié comme l’une des ses forces et a investi des moyens sous différentes formes, incluant l’identification et l’aménagement d’un lieu symbolique (St-Roch pour ne pas le citer). Il n’y qu’à évoquer l’implication active de Québec international dans les créneaux d’excellence ACCORD comme celui des arts et du divertissement numérique par exemple, ou encore dans la mise en place récente du Camp (incubateur de startups). La création récente de l’Unité Mixte de Recherche en Sciences Urbaines (UMR-SU) en partenariat avec l’université Laval, l’INRS et la compagnie Thalès en particulier est un autre signe de la clairvoyance dont fait preuve la ville de Québec dans ce domaine.

Le développement économique et la consommation durable sont des terrains que je ne connais pas assez pour m’y aventurer, mais il ne fait aucun doute que la ville de Québec est particulièrement active pour construire des conditions favorables au développement et à la croissance économique.

 

 

 


Par Leblancdesyeux

Jacques Blanchet a œuvré 7 ans comme artiste en arts visuels et 7 ans dans la rédaction de normes québécoises et internationales. Claude Chevalot a dirigé des organisations dans le domaine social et touristique durant près de 15 ans puis elle a été recrutée par les entreprises technologiques pour faciliter les changements de comportement chez les clients. Aujourd’hui, Jacques conseille dans la gestion de changement et l’engagement des publics. Claude écrit à temps plein des livres pour enfants, des romans, des textes pour des artistes et réalise des travaux de traduction et de révision. Ensemble, ils forment Leblancdesyeux.

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