« Data ninja
Oui, toi !
Demain, à 18 h, ferme ton notebook, fais ton commit sur GitHub et viens nous rejoindre avec ton laptop ! »

Cette courte invitation résume bien l’esprit de la rencontre d’exploration des données dans le cadre de la semaine du logiciel libre. Un actuaire, un biologiste, un physicien et des informaticiens, tous passionnés d’analyse de données et de logiciel libre. Voilà l’éventail bigarré des participants à cette rencontre.

Autour de la table, les sujets partaient dans tous les sens. Dans le cadre de leur travail, certains utilisaient l’exploitation de donnée dans le cadre de recherche en biologie, pour détecter des virus informatiques ou pour prévenir le décrochage scolaire à l’université. Si beaucoup utilisaient des logiciels commerciaux, le même travail peut souvent être fait avec des logiciels libres.

Cette capacité d’avoir accès à des outils puissants par la population était au cœur des discussions. Ainsi, une tendance générale se dessinait : l’accès à des données et des logiciels libres est maintenant essentiel au bon fonctionnement de la démocratie.

En effet, ceux-ci permettent d’utiliser les derniers outils développés par les chercheurs (qui publient de plus en plus leur code) pour analyser des problèmes complexes. De plus, la quantité phénoménale d’outils d’analyse de données permet de s’attaquer avec de nouvelles approches aux problèmes récurrents de gouvernance publique.

Ainsi, l’organisateur de la rencontre François Pelletier, analyste chez Desjardins, a présenté une analyse des fuites des oléoducs au Canada à partir de données publiées par le gouvernement fédéral. L’utilisation de données publiques pour analyser les cartes électorales ou réformer le mode de scrutin a aussi été discutée. L’épisode de la poussière rouge du port de Québec aurait aussi pu être un bel exemple d’analyse de donnée. On pourrait même aller encore plus loin dans la surveillance des décideurs.

En effet, l’exploitation des données permettrait aussi de surveiller les appels d’offres donnés par le gouvernement. Un des participants a d’ailleurs fait remarquer que de tels algorithmes de détection de la fraude sont utilisés par les gouvernements de plusieurs pays, mais que ce n’est pas le cas au Québec. On a aussi appris qu’une demande d’accès à l’information au sujet des données sur les lobbyistes est bloquée dans la machine gouvernementale depuis deux ans. On peut qu’espérer qu’elle soit acceptée un jour afin de découvrir l’écheveau des liens liants les entreprises et les lobbyistes.

En conclusion, le libre accès aux données et aux logiciels d’analyse, c’est donner les moyens à la population de participer au processus de gestion des ressources publiques. Les gains possibles sont énormes. Il suffit seulement d’accepter d’ouvrir la porte.