Dans son plus récent Rapport sur les tendances, le Fonds des médias du Canada se penche sur les occasions de création de valeur à l’heure de la réorganisation de l’industrie de l’audiovisuel.

Chaque année depuis 2013, le Fond des médias du Canada publie un rapport qui propose une analyse approfondie des tendances qui touchent l’industrie audiovisuelle du Canada et d’ailleurs. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas le FMC, son mandat est de promouvoir, développer et financer la production de contenus canadiens et d’applications pour toutes les plateformes audiovisuelles. Sa mission est d’orienter les contenus canadiens vers un environnement numérique mondial concurrentiel et ce, en favorisant l’innovation, la diversité des voix et en encourageant l’accès à des contenus grâce à des partenariats.
Nous vous présentons aujourd’hui un article rédigé Gaëlle Engelberts, coordinatrice éditoriale FMC Veille, qui résume les grandes lignes des tendances qui touchent l’industrie de l’audiovisuel.  

Repenser la nouvelle chaîne de valeur du contenu

Les grandes innovations technologiques et les nouvelles stratégies numériques qui ont marqué ces dernières années ont mené à la mutation de l’industrie mondiale de l’audiovisuel. En fait, elles ont redéfini les infrastructures, les usages, les relations avec l’auditoire, les modèles d’entreprise et l’environnement concurrentiel.
Si la plupart des grosses pointures de l’industrie se sont adaptées à cette nouvelle écologie numérique, certaines questions fondamentales demeurent :
Comment la nouvelle chaîne de valeur de l’audiovisuel se dessine-t-elle? Quels joueurs sont les mieux positionnés pour en tirer profit?
Ces questions ont servi de canevas pour la plus récente édition du Rapport sur les tendances «Le casse-tête numérique : repenser la nouvelle chaîne de valeur du contenu», dans lequel le Fonds des médias du Canada s’interroge sur les occasions de création de valeur qui émergent de cette réorganisation industrielle.

La distribution à l’ère de l’«oligopole de la découvrabilité»

Le Web est un univers de plus en plus dominé par quelques plateformes contrôlées par de gros joueurs. Cette situation a pour effet de créer ce que certains qualifient d’un «oligopole de la découvrabilité». En effet, seules quelques plateformes contrôlent le parcours des consommateurs, de l’accès à la consommation de contenu en passant par la découverte.

Image1.png

Résultat? Souhaitant assurer la découvrabilité de leur contenu, les producteurs et les créateurs doivent, entre autres, se plier aux exigences des grandes plateformes.
Le prochain champ de bataille où se livrera cette lutte pour le contrôle de l’attention des consommateurs sera celui de l’intelligence artificielle (IA). Le défi pour l’industrie des contenus sera double. D’une part, les entreprises devront s’adapter aux exigences d’un petit groupe de géants qui concentrent le talent et les technologies de l’IA, car ces derniers constituent les fondements des grandes plateformes intelligentes de demain.
D’autre part, la masse grandissante de données sur les utilisateurs, essentielles au bon fonctionnement des outils d’IA, confrontera l’industrie à de nouveaux enjeux techniques et réglementaires liés à la cybersécurité et à la protection de l’information.

Habitudes de consommation : la course au contenu vedette

Les réseaux sociaux et les services de télévision par contournement (TPC, ou «OTT» en anglais) déploient une panoplie de fonctionnalités pour attirer les consommateurs : services et contenus accessibles sur tous les appareils, vidéo en résolution 4K, contrôles parentaux ou encore téléchargement de contenu pour visionnement hors ligne. Cependant, le contenu de qualité, exclusif et en direct demeure le nerf de la guerre pour différencier son offre.
Du côté de la TPC, les grands joueurs misent résolument sur les séries dramatiques et les émissions pour enfants pour tenter d’attirer les auditoires et de retenir leur attention.

Image2

Parallèlement à la TPC, des géants comme YouTube et Facebook, de même que de plus petits joueurs comme Instagram et Vimeo, s’affrontent à coup de millions pour attirer les amateurs de contenu en direct. Dans la ruée pour ce type de contenu, ils concentrent souvent leurs investissements sur des fonctionnalités ayant déjà fait leurs preuves pour des concurrents.

La diversité, un modèle d’affaires gagnant

La diversité (autant la mixité culturelle que l’égalité hommes-femmes) est aujourd’hui un important vecteur de croissance puisqu’elle permet d’atteindre un public plus large, de favoriser le développement de technologies pour tous et, ultimement, de dégager davantage de profits.
Pour tirer avantage de cette occasion, il devient nécessaire d’adapter les contenus offerts. D’importants joueurs comme Netflix ont déjà commencé à modifier leurs pratiques en misant sur une distribution diversifiée pour répondre aux demandes d’un auditoire de plus en plus international.
Comme l’affirme John Fithian, président de la National Association of Theatre Owners aux États-Unis : «Plus la distribution des rôles d’un film s’avère internationale, plus les auditoires seront internationaux.» Il cite en exemple le film Furious 7 qui, grâce à sa distribution multiculturelle et à son scénario qui se déroule aux quatre coins de la planète, est devenu l’un des plus grands succès de tous les temps aux guichets.
L’importance de la diversité est aussi particulièrement évidente dans le segment des jeux vidéo pour appareils mobiles – segment où les femmes représentent aujourd’hui un des principaux vecteurs de croissance.

Image3

Nouveaux marchés et concurrence : vers un nouvel échiquier mondial

Les effets de la révolution numérique et de la mondialisation continuent de s’accentuer : transformation des habitudes de consommation et des attentes des utilisateurs, expansion mondiale des marchés de distribution, mutation des modèles d’entreprise et des flux d’investissement.
Toutefois, les influenceurs de la première heure – Silicon Valley et Hollywood, plus particulièrement – ne sont plus les seuls à dicter le ton. De nouveaux centres névralgiques s’affirment ailleurs sur le globe, notamment dans la région de l’Asie-Pacifique (APAC) et en particulier en Chine, un joueur de plus en plus incontournable en matière de développement technologique, d’investissement et de coproduction.
À titre d’exemple, on s’attend à ce que le marché chinois des vidéos en ligne quadruple de 2015 à 2020 pour atteindre une valeur totale de près de 14 G $ US.

TENDANCES DU FONDS DES MÉDIAS DU CANADA
Les marchés de l’Afrique, de l’Amérique latine et du Moyen-Orient présentent aussi un intérêt grandissant pour les entreprises occidentales. Pour tirer profit de ces nouvelles occasions, ces entreprises devront plus que jamais s’appuyer sur de solides informations et relations d’affaires afin de se positionner avantageusement dans ces nouveaux marchés.

Le contenu gagne… encore

Nonobstant tout le flou entourant la création de valeur dans cette économie numérique en constante mutation, un vecteur de valeur demeure incontestable : le contenu. La révolution numérique, c’est d’abord cette extraordinaire multiplication des possibilités dans les modes de production, de distribution et de consommation des contenus médiatiques.
Les années à venir annoncent également leur lot de promesses. Grâce à la popularité grandissante du jeu vidéo et à l’avènement de la réalité virtuelle, de la réalité augmentée et de la réalité mixte, les expériences narratives seront de plus en plus diversifiées et immersives et elles solliciteront de plus en plus l’ensemble de nos sens. Ces expériences viendront encore gonfler l’offre et rivaliseront avec les autres contenus audiovisuels pour capter l’attention des utilisateurs.
Pour en apprendre davantage sur les défis et les occasions que recèle la nouvelle chaîne de valeur du contenu, vous pouvez télécharger le texte intégral du rapport du Fonds des médias du Canada.

Enregistrer
Enregistrer
Enregistrer