Un texte de Mélanie Larouche

Interpellé par le fait que les femmes se font encore bien discrètes dans le vaste monde des technologies de l’information (TI), TECHNOCompétences a initié une étude portant sur la place des femmes dans l’industrie des TI au Québec.
Ce secteur d’activité étant en forte croissance, l’enjeu est de taille. Les résultats préliminaires de cette étude, rendus public en juin dernier, démontrent que les emplois dans les TI sont encore bien collés à un profil masculin.
Ces résultats devraient permettre d’élaborer une stratégie d’actions concertées visant à remédier, du moins en partie, à cette situation. L’objectif ultime derrière cette importante initiative est de favoriser l’avancement des femmes dans les TI.

Voici les premiers constats découlant de cette étude.

D’abord, il faut savoir qu’encore moins de 20% des finissants universitaires en informatique sont de sexe féminin. Il va sans dire que le profil des emplois et des modèles de succès sont presque exclusivement masculin. De précédentes recherches ont déjà démontré le faible intérêt des filles à l’égard d’une carrière en TI. Elles mettaient également en évidence un taux tout aussi faible de modèles féminins chez les hauts dirigeants de ce secteur, une dévaluation des femmes dans le milieu et, conséquemment, une inégalité salariale notable. Cependant, de nombreux aspects positifs émergent de la récente étude de TECHNOCompétences et il est important de les considérer puisqu’ils ouvrent la voie à de nombreuses pistes de solutions pour accroître progressivement le nombre de femmes en TI.

7 premiers constats

L’industrie des TI au Québec est jeune et dynamique. Par conséquent, elle présente des opportunités de progression car elles valorisent l’initiative et l’innovation. Ces caractéristiques interpellent les deux sexes et peuvent profiter à tous ceux et celles qui présentent un profil professionnel fonceur et créatif.
L’industrie étant moderne et avant-gardiste, elle offre la flexibilité des horaires, ce qui favorise la conciliation travail-famille. On note cependant que cet avantage est  contrebalancé par une culture de la performance. Les employeurs s’attendent donc à du donnant-donnant !
Particulièrement présents dans l’industrie des TI, le coaching et le mentorat sont généralement accessibles aux femmes comme aux hommes, mais aucun processus formel n’encadre cette pratique. Ce constat concerne cependant les employés des deux sexes.
L’étude met en lumière un climat de travail généralement positif où la collaboration, l’engagement, le développement professionnel et interpersonnel ainsi que le respect sont des valeurs fortes. C’est avec la clientèle que les difficultés surviennent parfois.
Les formations sont encouragées, le développement de carrière est valorisé, mais ils demeurent informels et à l’initiative des employés. On revient encore ici au profil de chaque individu, sa progression professionnelle étant proportionnelle à ses efforts et ses ambitions.
Les modèles féminins sont encore limités aujourd’hui dans cette industrie. Et l’étude note que les femmes qui occupent des postes de décision sont perçues comme ayant un profil « masculin », comme un moule auquel elles doivent se conformer pour progresser.
Enfin, l’étude a permis de constater qu’à l’instar d’autres groupes minoritaires, le discours public d’inclusion des femmes ne se traduit pas toujours dans les pratiques organisationnelles en place.

Des actions à venir

Sur la base de ces résultats préliminaires, TECHNOCompétences mettra de l’avant dès l’automne des actions pour sensibiliser l’industrie des TI quant aux différents constats mis en lumière par cette étude et, ultimement, trouver des pistes de solutions en concertation avec les acteurs du milieu.