Co-organisé par le Conseil de la Culture, le Girat, les co-créatives (étudiantes de l’UQAT) et le ministère de la Culture et des Communications, la journée CultureNum08 (08 pour le numéro de la région, l’Abitibi-Témiscamingue), a accueilli à Rouyn-Noranda, une soixantaine de participants représentant différents secteurs : culture, numérique et recherche, le vendredi 20 octobre dernier.

Dans les locaux du Cégep, Hugues Sweeney a ouvert le bal. Producteur exécutif de l’ONF, il a raconté le virage numérique réalisé en 2009, de manière rapide et assumée. En 2009, c’est aussi le début de documentaires interactifs, ces documentaires sur le web ou ailleurs, dans lequel l’interactivité avec le public est mise de l’avant. À l’époque, plus de 14 000 titres n’étaient plus accessibles par le grand public, et il fallait les numériser.

Au gré d’exemples de co-productions, il a montré comment l’ONF a réalisé son virage numérique. L’une des principales résultantes est que le créatif n’est plus tout seul : c’est maintenant une équipe, avec ses forces et ses faiblesses.

Devenue plateforme agnostique, l’ONF a pris son virage en jouant une autre carte, celle du pluriformat : ils ne travaillent plus seulement avec les vidéos classiques, mais aussi pour tous les autres supports permis par les plateformes web.

Pour illustrer ses propos, Hugues a parlé du projet J’aime les patates, un jeu où le personnage s’appelle Chips. Il vit dans un monde parfait, tant et aussi longtemps qu’on nourrit le grand monstre, avec des patates. Et cela est possible jusqu’à ce qu’il y ait pénurie de patates. L’initiative vient de Vali Fugulin et l’ONF l’a mise en collaboration avec Minority et Ruben Farrus. Un beau projet de collaboration !

Ces projets collaboratifs, vous vous en doutez, ne viennent pas au jour sans de petites tensions : la charte des mots controversés, par exemple, est un bon moyen pour que la communication entre les acteurs soit plus fluide. En s’arrêtant sur les mots-clés du projet, les équipes peuvent alors discuter du sens des mots, et ainsi éviter les mauvaises compréhensions.

Enfin, le plus important pour que l’équipe atteigne les objectifs. Ce n’est pas d’obtenir le consensus, mais de bien définir les objectifs communs, pour que tout le monde s’y retrouve.

Pour Hugues, « le numérique est une expression culturelle à part entière », et nous sommes au bon endroit pour en parler !».
Après un dîner sympathique, nous sommes passés aux ateliers :

Avec le studio de Motion Capture*, l’Université est très attractive pour des étudiants, notamment étrangers.

  • Présentation des projets avec le RPM (Regroupement des producteurs ,ultimédias) avec Jenny Thibault.

Le RPM dévoile ses nouvelles orientations et nouveaux ses projets comme le JAM 360

  • Présentation sur le livre et le numérique, via l’expérience de l’auteur Ugo Monticone

Avec Le vendeur de goyave, Ugo signe le premier roman numérique immersif au monde. Après avoir réalisé une campagne de sociofinancement, il a contacté la Fabrique culturelle, des influenceurs importants sur Youtube, Instagram, Facebook, (par exemple Bruno Blanchet, ce qui a eu un impact important sur la vente de ses livres).

Gagnant (entre autres) du prix Boomerang et du prix littéraire Archambault (avec son livre plaquette U), le plus gros ennemi pour lui est le texte. Dans un monde où nous avons besoin d’instantané, Ugo teste toutes les formes, toutes interactions possibles avec son public.

S’en est suivi un panel de discussions ouvertes afin de déterminer la suite des actions possibles dans les région. Le résultat se matérialise notamment avec la poursuite des échanges sur le groupe Facebook Le numérique en Abitibi-Témiscamingue.

Pour finir, des projets nous ont été présentés au Petit Théâtre:

  • le principe de Scènes Ouvertes, les salles connectées de la SAT qui permettent de mettre en lien des artistes entre eux à partir de salles dans des villes différentes
  • Crocodeal du Nil, ce collectif d’artistes formé d’étudiants de l’UQAT, s’essayant à la fois le mapping vidéo, les installations interactives (que l’on retrouva plus tard en complément de l’exposition à L’écart), ils ont travaillé notamment sur la pièce Ma noranda.
  • Serge Bordeleau, avec ses récits documentaires immersifs sur la région et notamment autour du secteur de la mine : Documentaire Abitibi 360 – Territoires et identités.

Décidément, Rouyn-Noranda représente une région en pleine transformation et à fort potentiel créatif!

*La capture de mouvement est une technique permettant d’enregistrer les positions et rotations d’objets ou de membres d’êtres vivants, pour en contrôler une contrepartie virtuelle sur ordinateur.