L’heure du code à Québec: introduction de la programmation à l’école


23 décembre 2015 | 10:30

Début décembre, une vingtaine d’écoles et organismes à Québec ont célébré l’heure du code (#heureducode, #hourofcode), une initiative visant l’introduction de la programmation à l’école. L’heure du code s’inscrit dans le mouvement visant introduire le code comme une nouvelle littératie et compétence du 21e siècle. Au cours de l’heure du code, des enfants ont eu la possibilité de faire ses premier pas dans l’apprentissage de la programmation (p.ex. programmation MineCraft https://code.org/mc) ou aller plus loin, et s’engager dans des projets de programmation créative avec le logiciel Scratch ou ScratchJR pour les plus petits.

L’heure du code a été initiée aux États-Unis et compte avec le support du président Obama (un des premiers présidents à écrire du code et à faire preuve d’ouverture à l’apprentissage intergénérationnel) et des personnalités de l’éducation ouverte et humaniste comme Malala, qui met en relief l’importance d’inviter les filles à coder pour réduire les inégalités.

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Événements de l’heure du code à Québec et ses environs (Source: https://hourofcode.com/ca).

Apprendre à programmer permet aux enfants un nouveau rapport aux technologies: de consommateur interactif de manuels scolaires numérisés à la capacité de créer des ressources éducatives numériques et même des mini-jeux. L’apprentissage de la programmation ne vise pas convertir nos filles et nos garçons en futurs développeurs pour l’industrie du numérique (malgré la fracture académique dans l’industrie numérique à Québec) mais de leur permettre de développer les stratégies de pensée (méta)cognitives liées à la pensée informatique: l’organisation logique, l’abstraction, l’optimisation, la résolution de problèmes en équipe et la créativité. Ces stratégies de pensée sont transférables pas uniquement en mathématiques, sciences et technologies, mais aussi en langue (p.ex. écriture de textes variés, schémas narratifs, …), en univers du vivant (classifications et transformations du vivant) et en univers social (organisation dans le temps et l’espace des sociétés et des territoires). Il ne s’agit pas de remplacer l’heure du conte par l’heure du code, mais bien de se doter d’un outil de modélisation de connaissances d’une grande puissance avec lequel nous pouvons travailler de manière interdisciplinaire. Par ailleurs, le développement de la pensée informatique est en lien avec des nombreuses compétences disciplinaires et transversales du Programme de Formation de l’École Québécoise (PFÉQ) et des référentiels de compétences du 21e siècle. La créativité et la résolution collaborative de problèmes sont parmi les compétences clés en lien avec l’apprentissage de la programmation (code.org) et de l’apprentissage par le biais de la programmation (Scratch).

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Conte les trois petits cochons (Source https://scratch.mit.edu/projects/19745662/#editor)

D’un point de vue citoyen, la programmation est un enjeu clé dans l’ère du numérique pour être des acteurs de notre vie personnelle, académique et professionnelle. Il s’agit de programmer ou de se faire programmer comme nous annonçait Rushkoff dès 2011. Comprendre, modifier et créer du code nous permet dépasser l’alphabétisation numérique pour développer un rapport actif et créatif au numérique. Il s’agit d’être capable de comprendre notre monde et les nombreux objets numériques qui nous entourent: de l’alarme incendie de la maison (un robot présent partout) aux principes algorithmiques (et géopolitiques) derrière une recherche d’information sur nos appareils mobiles. Puis, d’avoir envie d’être acteur du monde numérique en créant ses propres contenus (web 2.0) et mêmes programmes informatiques.

À l’Université Laval l’initiative heure du code a été célébré par des étudiants du baccalauréat en enseignement primaire et secondaire et des professeurs et des étudiants gradués de différentes facultés: Josée Desharnais à la Faculté de Sciences et de Génie, Margarida Romero, Vincent Richard, Sylvie Barma, Marie-Caroline Vincent et Pascal Martineau à la Faculté des Sciences de l’Éducation. Des étudiantes du baccalauréat en enseignement de l’Université Laval ont récemment protagonisé le dossier L’école à l’heure de la programmation, une série de trois articles publiés samedi le 19 décembre 2015 dans le journal Le Devoir. Nous invitons les enfants, leurs enseignants et leurs parents à rejoindre l’initiative et à contribuer au développement des compétences du 21e siècle par le biais de la programmation créative.

 


Par Margarida Romero

Margarida Romero est professeure en technologie éducative à l'Université Laval. Originaire de Reus (Barcelone), elle a pris la première vague des start-ups en e-learning en France et goutée à la création d'une (micro) entreprise avant de rejoindre l'enseignement et la recherche. Au sein de la Faculté des Sciences de l'Éducation, elle est chargée d'introduire les usages technologiques aux futurs enseignants du préscolaire et du primaire et d'animer un séminaire pour les étudiants de 2e et 3e cycle sur les jeux numériques en éducation. Sa recherche vise le développement de la compétence TIC en contexte éducatif, les usages du jeu numérique en éducation, la robotique éducative et les usages créatifs des TIC pouvant permettre le développement des compétences du 21e siècle.

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