Les robots sont au travail


27 septembre 2015 | 12:23

Il y a des robots partout aux Québec. S’ils ne ressemblent en rien aux machines d’apparence humaine des ouvrages de science-fiction sont bien présents dans une usine ou un entrepôt près de chez vous, où ils soudent, peinturent, sablent, ramassent et déplacent des objets sans relâche. Et, s’ils sont encore peu nombreux au Québec (un robot pour 2500 habitants, contrairement à un pour 500 habitants en Allemagne), ils font peu à peu leur place.

Faciliter leur introduction dans les industries est le travail du Centre de Robotique et de Vision Industrielles (CRVI). Fondé en 1984, ce centre collégial de transfert de technologie est basé à Lévis sur le site du Cégep Lévis-Lauzon. Il a pour mission de faire le pont entre les avancées de la recherche universitaire et les applications pratiques en industrie.

Son implication dans les projets industriels commence au stade des études préliminaires afin de déterminer la pertinence, la faisabilité et la rentabilité d’implantation de la robotique dans une industrie. Cette participation peut se poursuivre lors de l’acquisition et l’intégration des équipements. Le centre fait aussi de la recherche appliquée dans le domaine de la robotique et de la vision industrielle en collaborateur avec les intégrateurs d’équipements robotiques.

Depuis peu, il offre aussi un guichet unique vers les différentes sources de financement afin de faciliter le démarrage des projets. Cet appui est essentiel pour beaucoup de petites entreprises qui n’ont pas l’expertise technique nécessaire à la mise en place de projet de robotique. De plus, le centre offre une gamme de services de formation allant de la maintenance à la programmation des robots industriels, qui permettra aux entreprises d’être autonomes à la suite de l’acquisition d’un robot industriel.

Leur gros avantage des robots est leur souplesse par rapport à une machine dédiée qui sera cependant plus efficace dans bien des cas. De plus, un robot est une machine complexe qui demande à être programmée correctement pour effectuer une tâche spécifique efficacement.

Ainsi, un robot peintre doit suivre une trajectoire précise afin d’obtenir une couche de peinture uniforme. Cependant, cette trajectoire devra d’abord avoir été définie à l’aide de logiciels spécialisés afin d’obtenir le résultat optimal. Cette programmation est faite par des techniciens  en robotique industrielle (AEC offerte au Cégep Lévis-Lauzon) ou des technicien en électronique industrielle (DEC offert au Cégep de Lévis-Lauzon ou au Cégep Limoilou). La même situation se produit avec les robots soudeurs ou les robots qui doivent déplacer des sondes pour inspecter des pièces d’avion. Pour chaque tâche, il existe souvent un programme spécifique. La complexité de ce dernier s’accroît, si on ajoute une fonction de vision numérique, une autre technologie qui fait partie du portfolio technologique du centre.

En effet, si un robot aveugle peut reproduire à l’infini les mêmes gestes simples, celui doté de la vision aura en plus une capacité d’adaptation. Par exemple, si la pièce n’est pas orientée correctement pour le soudage ou la peinture, le robot ajustera sa trajectoire en conséquence. La vision augmente aussi « l’intelligence » du robot qui peut par exemple faire un contrôle de la qualité sur les biscuits avant de les mettre dans des boîtes, comme c’est le cas chez Biscuits Leclerc.

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Photo de Peter17Robot industriel ABB, à Villeneuve-d’Ascq (Nord-Pas-de-Calais, France)

La vision numérique peut s’utiliser de façon indépendante des robots. En effet, elle est très utile dans des tâches où l’on doit compter ou classer des objets visuellement. Par exemple, on utilise la vision numérique pour compter le nombre d’alevins (petits poissons) dans un échantillon d’eau. Elle peut aussi être utilisée dans des activités de vidéosurveillance afin de détecter les changements de scène ou la présence d’objet suspect. De plus, la vision numérique ne se limitant pas à la lumière visible, mais allant de l’ultraviolet à l’infrarouge thermique, elle est en mesure d’observer et de caractériser des phénomènes invisibles à l’œil nu.

Dans le cadre des projets de vision numériques, le CRVI travaille sur l’optimisation des algorithmes et de l’optimisation des codes en collaboration avec l’entreprise manufacturière ou l’intégrateur. Il œuvre afin de réduire les risques sous forme de prototypage et de tests.

Si pour certains une robotisation accrue de l’industrie québécoise peut être vue comme une menace, il n’en demeure pas moins que les tâches dévolues aux robots sont relativement simples, très répétitives et souvent dangereuses. Dès lors, pourquoi ne pas les faire faire par des machines plutôt que de les faire nous-mêmes.


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