L’École en réseau : pour réduire les distances


10 septembre 2015 | 08:53

Grâce aux technologies, faire collaborer les élèves, d’une classe à l’autre, d’une région à l’autre, permettre aux élèves —et leurs enseignants— évoluant en milieu éloigné de partager connaissances et expertises: voilà les défis que tente de relever le projet l’École en réseau (ÉER).

L’initiative a été mise en place il y a 14 ans en collaboration avec le CEFRIO. Depuis, elle se développe, s’enrichit. Plateforme d’échange et de collaboration, le réseau développé par l’équipe de Thérèse Laferrière, professeure à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval, n’est pas l’enseignement à distance. «À l’époque, on a choisi de prendre une voie difficile, celle de la collaboration, puisque l’enseignement à distance n’était pas une option pour les jeunes n’ayant pas atteint l’âge de 16 ans. Aujourd’hui, ce pari crée des dividendes, puisqu’il s’agit de la pratique qui génère le plus de valeur ajoutée à l’apprentissage», explique la chercheuse.

Depuis, la participation des commissions scolaires est exponentielle: de 3 au début, c’est 23 qui sont réunies actuellement. En plus, des liens et des activités dépassent les frontières québécoises, alors que des collaborations ont été effectuées, au fil des années, avec la Catalogne, les États-Unis, Hong Kong, l’Afrique de l’Ouest…

«Au gré des activités, les élèves sont appelés à identifier des problèmes locaux en développement durable, une thématique qui se retrouve dans nombre de programmes scolaires, pour ensuite réaliser des conférences lors desquelles ils présentent leurs résultats. De rencontre en rencontre, ils font évoluer leur compréhension des problématiques explorées à travers, entre autres, l’investigation, la mise en œuvre d’une pensée créatrice et la collaboration», explique la chercheuse, directrice du Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES).

La force du réseau au profit de la réussite scolaire

Cette mise en commun s’effectue par l’intermédiaire des classes, mises en duo ou en trio. Les outils? Vidéoconférences et forums en ligne, de VIA au KF (le Knowledge Forum). Bref, rien qui ne nécessite installation plus sophistiquée que l’accès à Internet. Cela, avec un objectif clair: favoriser la motivation et l’engagement des élèves, les faire profiter de la force du réseau pour leur réussite scolaire.

«Dans certains cas, on a des écoles de 20 à 40 élèves, qui se côtoieront à tous les degrés du primaire. Avec l’ÉÉR, on augmente le nombre de personnes avec lesquelles ils peuvent interagir, le nombre d’enseignants et, ainsi, l’expertise à laquelle ils ont accès. Et, en plus, on est aussi en mesure par des conférences ou autres types d’intervention de les faire entrer en contact avec différents spécialistes. On leur apprend même les rudiments de la cocréation de connaissances!»

Pendant la journée de classe, les différents usagers du réseau ont aussi possibilité d’échanger, d’obtenir de l’aide, d’avoir accès à de l’expertise. À l’autre bout du clavier, étudiants aux cycles supérieurs, professeurs, accompagnateurs sont disponibles.

Les activités d’apprentissage réalisées par les élèves et la nature des problèmes exposés dans le réseau font l’objet d’un suivi attentif et, ainsi, servent à la fois de matière première pour la réalisation de diagnostics ou de rapports pour «éclairer la prise de décision» sur le terrain, autant que de matériel pouvant servir à faire avancer la recherche en éducation. «À travers l’usage des technologies numériques en classe, il faut arriver à faire effectuer aux élèves des actions, des activités qu’ils ne seraient pas en mesure de faire autrement, faire plus que de poursuivre en classe l’usage d’outils qu’ils explorent déjà par eux-mêmes», indique Mme Laferrière.

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Image de Dennis Jarvis

L’École en réseau permet ainsi de briser l’isolement de certaines communautés, et, dans ce partage, non seulement de développer les compétences en technologies de l’information et des communications (TIC) des élèves, mais aussi –et surtout– l’ensemble des compétences professionnelles nécessaires à leur éducation. «D’ailleurs, les commissions scolaires et les écoles rattachent de plus en plus l’ÉER à leur plan de réussite. D’une façon, on est en train d’institutionnaliser le modèle.»

Témoignage du succès de l’opération, l’initiative, d’abord pensée pour les écoles en milieux éloignés, s’est ouverte aux établissement des milieux urbains, devant l’intérêt de ceux-ci à s’y joindre.


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