La croissance tranquille du livre numérique québécois


3 septembre 2015 | 08:56

Le marché du livre numérique reste encore marginal au Québec, représentant seulement 4 % de la part du chiffre d’affaires total des ventes de livres, selon les chiffres présentés lors des journées “Convergences” organisées par l’entreprise De Marque. C’est deux fois plus qu’en Espagne ou en France, mais cela fait encore pâle figure par rapport aux marchés anglo-saxons (selon le rapport Nielsen présenté au Book Expo America, les ventes de livres numériques représentaient 28 % du marché américain en 2013). Les ventes sont en augmentation constante, mais ce n’est pas encore la révolution.

Les jeunes (malgré les étudiants) n’ont pas encore embarqué, et le marché de la littérature jeunesse est très limité.

Le piratage est encore une préoccupation majeure pour les éditeurs. Protéger les livres électroniques, et donc la propriété intellectuelle, coûte encore cher, à moins de se joindre aux  écosystèmes d’Apple ou d’Amazon.

Une des solutions envisagées est le prêt numérique. Le sujet est encore d’actualité, et les débats sur le rôle des bibliothèques dans la lutte contre le piratage continuent.

La plateforme Pretnumerique.ca est à ce jour le projet francophone le plus abouti. 90% des bibliothèques québécoises y participent – dont la Bibliothèque de Québec, et la plateforme a géré plus de 1,5 million de prêts en 3 ans. Le projet bénéficie aussi de l’implication de la BanQ (Bibliothèque et archives nationales du Québec).

L’entreprise québécoise DeMarque, basée à Québec, centralise pour sa part plus de 17 000 livres de tous genres dans un entrepôt numérique. Un tour de force. Les usagers peuvent télécharger des livres numériques « chronodégradables » (ils s’effacent automatiquement à la fin de la période de prêt) et les consulter différents supports d’accès (liseuses, tablettes numériques, ordinateurs, téléphones intelligents). La grande majorité des acteurs du système – usagers, auteurs, éditeurs et libraires – semble satisfaite du projet.

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Le succès de Pretnumerique.ca a d’ailleurs inspiré le projet PNB (prêt numérique en bibliothèque), initiative présente en France, Belgique et Suisse francophone. Sa force repose notamment sur la possibilité de prêter un titre acheté à plusieurs usagers en même temps, ce qui s’éloigne un peu de la reproduction des modèles traditionnels de prêt basés sur le papier.

Il serait temps de prendre davantage en considération la spécificité du numérique, en échappant notamment aux contraintes un peu artificielles de la « chronodégradabilité ». Il faudrait explorer d’autres avenues, plus adaptées aux nouveaux supports, et qui pourraient véritablement exploiter tout leur potentiel.) PNB est encore très jeune (moins d’un an), mais il sera intéressant de garder un œil sur son évolution et de la comparer avec Pretnumerique.ca.


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