Fracture académique dans l’industrie numérique à Québec? (Deuxième partie)


9 septembre 2015 | 11:35

Cet article est la 2e partie d’une série de deux, vous pouvez lire ici La première partie de l’enquête Fracture académique dans l’industrie numérique à Québec.

Profil des candidats recherchés

Pour faire suite à cette enquête sur les besoins en ressources numériques à Québec, vous ne serez pas étonné d’apprendre que l’âge moyen des candidats retenus se situe entre 25 et 34 ans et que la grande majorité des entreprises accepte d’embaucher des stagiaires. À la lecture des résultats obtenus, ceux en faveur de cette ressource les embauchent parce qu’il s’agit d’une jeunesse empreinte de volonté, d’une vision nouvelle, de bonnes méthodologies et surtout, l’opportunité de les former à leur main.

Gabrielle Pilote, Frima« Les stagiaires constituent la relève. Une première expérience dans notre entreprise constitue une belle expérience pour eux et une façon de les former selon nos méthodes pour nous. » Gabrielle Pilote, Frima

De leur côté, ceux qui s’y opposent, s’expliquent surtout par le manque de personnel pour les former, le manque de connaissances des stagiaires relativement à la complexité des projets à affronter, la dure réalité des projets multiples et le temps que cela demande de les accompagner constamment selon la taille de l’entreprise. Ils précisent qu’étant des entreprises de petite taille, chaque embauche est stratégique. Ils estiment que les plus grandes entreprises peuvent se permettre plus facilement l’embauche de stagiaires, qui requiert de la supervision et un temps de transition avant que le candidat atteigne les objectifs désirés.

 

« Nous l’avons déjà fait, encore cette année. Même s’ils ont un bon potentiel et coûtent moins cher, nos expériences ont été peu rentables avec des stagiaires dans une petite agence. Ils demandent beaucoup de gestion et de coaching, et l’efficacité n’y est pas. Ils sont souvent habitués à des délais très longs, et ont de la difficulté à jouer avec la réalité multiprojet. » Marc-André Boivin, Neweb

 

La Ville de Québec et ses besoins en ressources numériques

Vous serez heureux d’apprendre que les entreprises d’ici sont loyales envers les candidats de Québec puisque ceux-ci proviennent à près de 80% de la capitale nationale. À parité entre elles, Montréal et l’International sont les 2 autres provenances des candidats inclus dans le 20% restant. La marque employeur est inévitablement un élément important pour attirer les meilleurs, mais comme les entreprises sont de plus en plus sensibles à la correspondance des valeurs avec leurs employés, il ne s’agira plus d’un effort de séduction authentique, mais plutôt commun au marché. Le recruteur devra donc innover dans les méthodes de séduction pour attirer les meilleurs ou s’outiller pour former les juniors.
Frima
Le marché du numérique à Québec est grandissant et d’ici 2 ans, plus de 80% des entreprises ou agences sur les 30 qui ont répondu à cette enquête auront besoin entre 5 à 10 ressources supplémentaires chacune, pour des postes issus du domaine numérique. À elles seules, on parle de près de 300 postes!

Toutefois, à la lumière des résultats de cette enquête, pour que les ressources de Québec soient en mesure de répondre à ces offres, il faudra trouver le moyen de mieux former les étudiants à la réalité technologique d’aujourd’hui.

  • D’abord en trouvant les moyens d’adapter davantage le contenu des programmes aux réalités numériques dès l’arrivée d’une nouvelle technologie.
  • Ensuite, en encourageant les initiatives sociales comme les communautés Open Code, Saas Club Québec et HTMLquebec, qui sont d’excellents moyens de se former collectivement en dehors du cadre académique et d’assurer le perfectionnement des connaissances.

Par Karine Lesage

Animée par les communications et le marketing, Karine ne peut s’empêcher de mettre à profit le numérique dans tout ce qu’elle entreprend. Gestionnaire proactive et stratégique, singulièrement curieuse et insatiable, elle mène de front des dizaines de dossiers parallèles. Présentement gestionnaires de projets stratégiques/culture chez Mirego, rédactrice pour l’Avis des geeks dans La Presse+, ainsi que pour les blogues de monsaintroch.com et quebecnumerique.com, elle est aussi maman à temps plein. Sa créativité ne s’arrête pas au domaine des communications, puisque Karine exprime aussi son côté artistique dans la réalisation de toiles. Elle vous présentera ici des contenus soutenus par des recherches, des analyses, de la validation et un intérêt franc pour chaque sujet qu'elle traitera.

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