Un premier FailCamp à Québec


13 janvier 2016 | 20:40

De la naissance à la mort, l’échec fait partie de notre évolution. En cette nouvelle ère génératrice de créateurs d’idées et de projets, l’entrepreneuriat capitalise de plus en plus sur les insuccès pour les convertir en apprentissages. Après l’écoute, l’échec est selon moi la méthode formatrice la plus efficace, toutes sphères confondues. Il n’est donc pas surprenant que l’arrivée d’un événement comme celui de FailCamp envoûte la population dès sa venue.  Après une deuxième année record, les organisateurs misent sur Québec pour amorcer leur expansion hors métropole.  Le premier FailCampQc aura donc lieu le 29 janvier prochain au restaurant Le District au 240 St-Joseph Est dans le Quartier St-Roch.

Pourquoi célébrer les erreurs ?

Initiative lancée par Frederic Harper en 2011 lorsqu’il occupait le poste de Technical Evangelist chez Microsoft, FailCamp a réellement vu le jour en 2014 avec une mission sociale et économique ambitieuse ; soit de mettre en valeur le discours sur l’échec dans la sphère publique, sans limitations (économique, numérique, politique, sociale, sportive ou gastronomique).

« Des échecs, il y en a partout, et l’objectif de FailCamp est de servir de vecteur pour faire vivre ces histoires », affirme Francis Gosselin avec conviction.

La première édition fut organisée par Gabrielle Madé, Rami Sayar et Francis Gosselin, un peu naïvement, et annoncée à peine à 10 jours de sa tenue.  Contre toutes attentes, les médias montréalais se sont rivés sur l’événement dès sa divulgation et FailCampMtl a bénéficié d’une inestimable tribune ; Radio-Canada, Journal de Montréal, Journal Les Affaires, Journal Métro, Infopresse, pour ne nommer que ceux-là. Avec l’espoir initial d’atteindre un maximum de 75 personnes, les organisateurs ont reçu jusqu’à 500 inscriptions en ligne. Avec beaucoup de créativité et le support inestimable de la Banque Nationale comme partenaire, ils ont pu accueillir 250 participants, avec comme tête d’affiche Mélanie Joly. À juste titre, puisqu’elle terminait deuxième contre Denis Coderre aux élections municipales de 2013, ce que vous pouvez traduire comme une défaite ;). Elle a d’ailleurs tellement apprécié son expérience au FailCamp qu’elle s’est proposée pour joindre l’équipe des organisateurs. C’est également à ce moment que Robert Boulos s’est lié à l’équipe, qui par son modèle de Brandtertaintment, incarne l’adaptation au nouvel écosystème médiatique.

fail2015
L’édition 2015 a donc été organisée de nouveau à Montréal par Robert Boulos, Mélanie Joly, Gabrielle Madé et Francis Gosselin, avec la volonté de rendre l’échec toujours plus consenti. Ce sont adjoints ensuite des conférenciers de renoms tels Mitsou Gélinas, le chef Martin Juneau, l’associé-directrice de McCarthy-Tétreault Kim Thomassin, le professeur Jean-Jacques Stréliski, et plusieurs autres. Évidemment, depuis son nouveau poste en tant que ministre, Mélanie Joly ne peut s’impliquer davantage dans l’organisation et Gabrielle Madé, quant à elle, se dédie maintenant à 100% au projet du Slingshot, un studio de création et de représentation pour Youtubers. L’équipe est donc maintenant constituée de Robert Boulos, Léa Beauchamp-Yergeau et Francis Gosselin. Notez que FailCamp est un événement indépendant, qui depuis un an, est une marque de commerce déposée.

Première édition à Québec

Les organisateurs de FailCamp ont souhaité présenter un premier événement “hors Montréal” et Québec leur apparaissait comme une suite logique, une sorte de franchise d’expansion, comme le formule Francis Gosselin. Par ailleurs, la ville abrite son lot d’entrepreneurs, de gestionnaires, de sportifs, d’artistes, etc., pour qui l’erreur est inscrite dans leur réalité.

Au sujet des conférenciers présents à cette première édition, l’équipe a fait son choix de manière un peu itérative comme le précise M. Gosselin. Dominic Gagnon, ancien président fondateur de Piranha, actuellement à la tête de Connect & Go et orné d’un passé d’entrepreneur rempli de succès et d’embûches, avait témoigné de son grand intérêt à exporter l’événement à Québec depuis ses débuts. Son nom s’imposait donc à cette première édition dans la Capitale-Nationale. Selon M.Gagnon,

« L’échec est la seule réelle manière d’apprendre ! Rares sont ceux qui sont au fait que la plupart des grands entrepreneurs du Québec ont vu leurs prêts rappelés et ont côtoyé des moments très difficiles. Mais c’est en situation de crise que l’on trouve les meilleures solutions et que l’on apprend. »

Vous aurez aussi la chance de découvrir l’histoire d’Anne Marcote, fondatrice de Marcotte Multimédia, une compagnie qu’elle a créé en 1996, et dont le chiffre d’affaires excédait le 2 millions de dollars avant d’être acquise par le groupe Transcontinental. Ody Giroux, qui mène un travail de restructuration et d’innovation depuis 2009 pour Carat Montréal et maintenant à la tête de l’entreprise. Catherine Dorion, auteure, comédienne et candidate défaite d’Option nationale dans Taschereau lors de la campagne électorale de 2012, ainsi que Jeff Lee, qui vous exposera les éléments marquants survenus avec sa startup Marmalades et autres rétrospectives professionnelles.

Conférenciers failcampqc

Les billets seront en vente dès ce vendredi 15 janvier au coût unitaire de 100$. Les informations seront partagées sur le site fail.camp et sur leur page Facebook. Prenez note que les places sont toutefois limitées à 100 pour ce lancement “pilote” dans l’objectif d’établir une édition annuelle à Québec à plus grand déploiement les années subséquentes. Le vin sera offert parmi la sélection d’Oenopole, un importateur indépendant, et les bouchées directement des cuisines du District. L’événement se conclura avec un cocktail dînatoire, afin de permettre aux participants d’échanger avec les conférenciers et entre eux . D’autres surprises attendront les convives, mais impossible d’en savoir plus pour l’instant.

Je vous laisse avec le mot de la fin de Francis Gosselin que j’ai bien aimé :

Conférencière FailCamp_mtl 2015« Dans le système électoral démocratique, il y a toujours plus de gens non élus que de gens élus, ainsi, il faut, par définition, des gens qui sont prêts à essayer. C’est la même chose dans les compétitions sportives. Un skieur seul n’aurait pas beaucoup de mérite (même s’il descend très vite). C’est parce qu’il y a d’autres athlètes moins rapides que la performance est impressionnante. Dans les entreprises, l’échec est l’une des principales sources d’apprentissage. Quand on pense à la gestion des connaissances, à la planification de succession, au RetD ou au développement des affaires, chaque fois qu’on ne gagne pas, qu’on détruit de la valeur — ou même qu’on fait faillite —, on en tire forcément un apprentissage. Il ne faut surtout pas se décourager. Cent fois sur le métier, remettre l’ouvrage. C’est ça, le grand message de FailCamp. »


Par Karine Lesage

Animée par les communications et le marketing, Karine ne peut s’empêcher de mettre à profit le numérique dans tout ce qu’elle entreprend. Gestionnaire proactive et stratégique, singulièrement curieuse et insatiable, elle mène de front des dizaines de dossiers parallèles. Présentement gestionnaires de projets stratégiques/culture chez Mirego, rédactrice pour l’Avis des geeks dans La Presse+, ainsi que pour les blogues de monsaintroch.com et quebecnumerique.com, elle est aussi maman à temps plein. Sa créativité ne s’arrête pas au domaine des communications, puisque Karine exprime aussi son côté artistique dans la réalisation de toiles. Elle vous présentera ici des contenus soutenus par des recherches, des analyses, de la validation et un intérêt franc pour chaque sujet qu'elle traitera.

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