Usage du numérique dans les entreprises manufacturières


2 juin 2017 | 07:45

La majorité des entreprises manufacturières de la région de la Capitale-Nationale n’ont pas véritablement pris le virage numérique et seule une minorité tire pleinement profit des technologies à valeur ajoutée. C’est ce que permet de constater une étude réalisée par le CEFRIO et Québec International.

Les résultats du Portrait des pratiques numériques des entreprises manufacturières de la région de la Capitale-Nationale ont été dévoilés cette semaine. Il s’agit du tout premier bilan de genre à être réalisé. L’enquête a été menée auprès des 1 178 entreprises manufacturières recensées dans la région de la Capitale-Nationale en 2016 et 312 d’entre elles ont répondu.

Selon Carl Viel, président et directeur général de Québec International, l’enquête visait d’abord à comprendre les pratiques numériques de ces entreprises, afin de pouvoir éventuellement leur proposer un cadre de soutien.

Il a indiqué que le portrait dressé pour les entreprises de la région de la Capitale-Nationale reflète probablement la réalité de l’ensemble des entreprises de ce secteur dans l’ensemble de la province.

Les principaux constats de l’étude

  • Une vaste majorité d’entreprises utilisent les technologies numériques de base telles que les suites bureautiques, les sites web informationnels, les médias sociaux et, lorsque pertinent, la conception assistée par ordinateur (entre 57% et 87%).
  • Les taux de pénétration des technologies plus avancées pour les ventes en ligne, la gestion de relation client, le support à distance, la traçabilité, la gestion d’entrepôt, la planification de la production, la fabrication flexible, la robotisation, la gestion intégrée et l’informatique décisionnelle (business intelligence) sont très faibles (entre 12% et 51%).
  • Même lorsque les entreprises utilisent les technologies numériques de base ou avancées, elles en font rarement un usage intensif qui leur permettrait de gagner en performance.
  • Les entreprises exportatrices font une utilisation accrue de toutes les technologies numériques avec un niveau d’intensité plus élevée. Une entreprise manufacturière qui souhaite développer des marchés étrangers devra donc nécessairement amorcer une transformation numérique.

« Pour les entreprises, le numérique devrait désormais être perçu comme un outil pour atteindre des objectifs, plutôt que comme un objectif en soi »,  a fait valoir Jacqueline Dubé, présidente-directrice générale du CEFRIO.

Ainsi, « elles devront passer d’une logique d’acquisition et d’implantation de solutions technologiques à celle de l’appropriation et de la valorisation. […] La transformation numérique doit être abordés par les dirigeants d’entreprise comme des projets d’affaires qui modifieront la culture de leur entreprise ».

Devant ses résultats, le CEFRIO et Québec International ont formulé 4 recommandations:

  • Il faudra offrir aux entreprises un accompagnement en soutien à l’innovation et à la transformation organisationnelle.
  • Les entreprises devront se doter d’un plan de gestion des ressources humaines dans l’acquisition de nouvelles compétences.
  • Les dirigeants d’entreprise doivent effectuer une planification rigoureuse, à long terme et dynamique de leur projet de transformation numérique.
  • L’usage du numérique devrait être intégrée au plan d’internationalisation des entreprises.

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